À quelques centaines de mètres à peine de leur cité martienne, des scientifiques escortés par des soldats découvrent les restes d’un robot d’exploration, désossé à l’entrée d’une caverne inconnue.


Une patrouille marchait en file indienne sur le sol martien. Samir, qui suivait les traces de ses partenaires, essuya la fine poussière qui avait recouvert la visière de son casque. Au loin, la gigantesque silhouette de l’Olympus, pourtant situé à plus de deux-cents kilomètres, dominait l’horizon. L’homme contempla la superposition de son propre reflet déformé dans la visière avec ce qu’il pouvait voir du volcan. Même après un mois, il ne se lassait pas d’observer les vingt-deux kilomètres de hauteur de l’édifice.

– On se dépêche, là ! grogna une voix féminine dans l’oreillette.

Samir tourna la tête. En tête de cortège, Sarina Kepler, qui dirigeait l’opération, lui fit signe d’avancer. Sa combinaison blanche, comme celle des autres, avait viré au rouge à cause de l’hématite. Samir serra un peu plus fort contre lui le fusil qu’on lui avait confié et poursuivit la marche sur la légère pente descendante. Le Gigas était dans leur dos, la Cité et son millier d’habitants un ou deux kilomètres plus loin… après une journée d’analyses géologiques, il était effectivement plus que temps de rentrer.

– Tu ne trouves pas ça bizarre ?

C’était la voix d’Ulysse, le géologue qui fermait la marche.

– C’est une communication privée, assura-t-il avant que Samir ne réponde.

– Qu’est-ce qui est bizarre ?

– Qu’on aille faire des prélèvements avec des militaires, comme toi. Armés jusqu’aux dents.

– Armés jusqu’aux dents, il ne faut pas exagérer.

– Nous sommes dix scientifiques pour quatre militaires armés de fusils. C’est un ratio assez important à mon goût pour aller ramasser des cailloux. Qu’est-ce qui se trame, Samir ?

Le soldat comprit qu’Ulysse lui prêtait des connaissances dont il ne disposait pas. Qu’est-ce qu’il en savait, du pourquoi et du comment ? Lui ne faisait qu’obéir.

Arrivé à l’âge du service militaire obligatoire, Samir avait choisi de se porter volontaire pour les missions martiennes, une affectation qui avait pour avantage de diminuer la période de mobilisation potentielle. Six mois d’entraînement militaire sur Terre, six sur la durée du vol aller, un an sur place, et six mois de travail administratif sur le trajet retour. Ensuite, il n’entendrait plus jamais parler de l’armée de toute sa vie. Une aubaine. Sur Terre, il serait resté mobilisable cinq ans après une année de service. Et personne ne voulait être mobilisé sur une planète rongée par les conflits. Dire qu’ici, sur Mars, il y avait tant de silicium… et que sur Terre on se faisait la guerre pour l’avoir !

– Kepler a raison, Ulysse. On ferait mieux de rentrer.

Ce qui marquait le plus Samir sur Mars, c’était l’absence de vent. Bien sûr, il portait sa combinaison, mais rien, pas même un soulèvement de sable ne se profilait jamais dans le désert, à part celui provoqué par leurs propres pas. C’était comme si le sol martien avait arrêté de vivre. Voilà ce qu’ils faisaient : ils marchaient sur le dos rond d’une planète morte.

La troupe avança de quelques dizaines de mètres, contournant un rocher qu’ils connaissaient bien. La Cité n’était maintenant plus très loin, derrière les dunes.

Samir remarqua une des personnes devant lui se redresser légèrement, comme si son attention avait été attirée par quelque chose. La silhouette fit un pas à côté de la file, puis commença à s’éloigner en trottinant.

– Hé là ! Restez dans le rang ! s’écria un des soldats du groupe.

La voix d’Ariane, chimiste, résonna si fort dans les oreilles de tout le monde que certains eurent le réflexe de poser les mains sur leur casque.

– Venez voir ! Il y a des traces ! Il y a des traces par ici !

– Putain Ariane, ne criez pas si fort ! dit Kepler au même volume.

Les compagnons dévièrent de leur trajectoire pour rejoindre la scientifique, penchée au-dessus du sable à l’ombre d’un rocher qui devait faire sa taille. Elle montrait quelque chose du doigt.

– Juste… Comment avez-vous fait pour repérer quoi que ce soit d’aussi loin ? demanda Ulysse.

Son sourire moqueur s’effaça derrière sa visière lorsqu’il vit vers quoi pointait sa collègue.

– C’est quoi ça ?

– Ça pourrait être n’importe quoi ! dit un soldat.

Samir se pencha pour voir. Dans le sable rouge, trois traces régulières, parallèles, d’une dizaine de centimètres chacune s’étendait dans la pente légère, jusqu’à rejoindre un amas rocheux beaucoup plus gros que ceux qui se trouvaient dans la région. La chimiste dit :

– « N’importe quoi » ne laisse pas ce genre d’empreinte dans le sable. Je vous dis que ce n’est pas normal !

– Ce sont des traces de roues ou de chenilles, dit Kepler en soufflant. Quelque chose a roulé ici, c’est tout. Cela peut être n’importe quel robot-sonde. Ces traces ont peut-être cinquante ans…

La scientifique n’en démordait pas.

– J’exige que nous restions analyser ces traces.

La militaire soupira.

– Faites vos photos et tout ce que vous voulez.

– Mais… nos batteries sont presque vides, fit remarquer quelqu’un. On ne peut pas revenir demain ?

– J’ai dit : on analyse, insista Kepler.

Les scientifiques commencèrent à discuter et à prendre des photos pour interroger la base de données.

– Tu veux me faire croire que tout ça est normal ? demanda Ulysse à Samir en privé dans le casque.

Normal, ça ne l’était pas. Les batteries servaient à maintenir leur corps à bonne température dans la combinaison. Ils n’étaient plus très loin de la Cité, certes, mais de là à perdre du temps pour des traces que le vent absent n’effacerait jamais…

Petit moniteur à la main, la chimiste revint dit au reste de la troupe :

– Ces traces ne sont pas enregistrées !

– C’est-à-dire ?

– Aucun robot envoyé sur Mars n’avait trois roues ou trois chenilles de cette largeur avec cet écartement.

– Même les plus anciens ?

– Aucun, répéta Ariane.

– Les traces vont jusque là-bas, dit Ulysse en pointant la roche des doigts.

Une fois encore, Ariane, déterminée, s’écarta du rang. Les militaires et ses collègues protestèrent mais finirent par la suivre.

Au pied de la grande roche noire où s’arrêtaient les traces, une carcasse métallique gisait sur le sol, invisible depuis leur emplacement précédent. La marque d’une agence spatiale, dégradée par le temps.

– Eh bien voilà le mystère résolu, dit un biologiste.

– Il ne peut pas manquer un robot dans la base de données, c’est impossible… dit la chimiste.

– Je sais ce qui manque, dit une physicienne qui s’était accroupie devant la machine. Il manque des pièces.

– Comment ça, il manque des pièces ?

La physicienne montra du doigt plusieurs zones où auraient dû se trouver certains éléments, manifestement absents.

– Comment peut-il manquer des pièces ? demanda Ariane. Qui peut les avoir prises ?

– Je ne sais pas mais… Ce n’est pas cet appareil qui a roulé ici.

– Pardon ? demanda Kepler.

– Ce robot n’a que deux chenilles. Il y a trois traces.

– Il ne peut pas avoir fait un aller-retour ? demanda Samir.

– Alors il y en aurait quatre…

Samir remarqua une faille dans la roche noire, assez grande pour qu’un humain puisse s’y faufiler. Il la pointa de son fusil.

Ariane s’avança et passa la tête à l’intérieur, ce qui déclencha l’allumage automatique des LED intégrées dans son casque. Les autres l’imitèrent à tour de rôle.

La grotte semblait immense, on n’en voyait pas le fond. Des parois noires et tranchantes s’ouvraient en entonnoir sur une cavité plus importante, quelques mètres sous la surface.

– On visite ? demanda un militaire.

– Non, répondit Kepler avec sa mauvaise humeur habituelle. Pas avec si peu de charge.

– On ne peut pas ignorer tout ça ! protesta Ulysse.

– On n’ignore rien du tout. Je crois que cette grotte n’est pas répertoriée. On reviendra demain avec du matériel et les batteries pleines.

La troupe poursuivit sa route en direction de la Cité, abandonnant sur place les débris d’un robot partiellement désossé et modifié.

L’imagination de Samir ne pouvait s’empêcher de travailler, surtout après la méfiance que lui avait partagé Ulysse. Allongé sur sa couche, dans l’alvéole qui lui était destinée, il ne parvenait pas à dormir. Il était encore tôt.

Le militaire finit par s’extraire de sa « chambre » de deux mètres cubes, veillant à emprunter l’échelle le plus silencieusement possible afin de ne pas réveiller les occupants des alvéoles voisines.

Samir quitta la Ruche et se promena dans les couloirs clos et transparents de la Cité. Les bâtiments aux surfaces uniformes, courbées, blanches et transparentes étaient illuminées par leur éclairage de nuit. Quelques voitures fuselées circulaient en silence sur les pistes magnétiques. Elles étaient bordées d’arbres génétiquement modifiés qui avaient atteint leur taille adulte en deux ans et demi.

Samir prit la direction des bureaux militaires. Il devait voir Sarina Kepler, et savait très bien qu’elle ne dormait pas. Il n’avait jamais posé la moindre question, il s’était toujours contenté d’obéir, se détachant volontairement des affaires militaires auxquelles il était assigné. Mais la veille, l’insistance d’Ulysse avait débloqué quelque chose en lui, avait suscité sa curiosité. Ses supérieurs le forçaient à passer un an sa vie ici… ils lui devaient bien une explication.

Samir frappa à la porte et se rendit compte qu’elle était entrouverte. Il n’y avait personne. Le militaire rentra à l’intérieur sans réfléchir, marchant lentement vers le bureau de sa supérieure. Des rapports y étaient posés, imprimés sur le papier synthétique que les militaires déchus et les scientifiques de bas étage devaient fabriquer ici. Au mur, des épingles avaient été enfoncées sur une carte de Mars. Deux dans le Lycus Sulci, de l’autre côté de l’Olympus. Trois rapprochées entre Gigas et Biblis Tholus… au moins quatre dans le Labyrinthe Noctis. Et surtout, il y avait une épingle à l’emplacement de la grotte découverte la veille.

– Je peux vous aider, Samir ?

Kepler claqua la porte derrière elle. Elle regarda son soldat, puis la carte. Elle comprit à son regard qu’il ne partirait pas sans un mot d’explication sur ce qui s’était passé dans le désert.

– Je n’apprécie pas beaucoup vos manières, Samir.

– Je vous ai toujours fait confiance, répondit-il. Aveuglément.

Elle fit le tour de son bureau et s’assit sur son siège.

– Et qu’est-ce qui a changé ?

– Que vous nous cachiez des choses, aujourd’hui.

Kepler eut un rictus.

– C’est cet emmerdeur de géologue qui vous a embobiné ?

– Non, mentit-il.

Au grand étonnement de Samir, elle dit :

– Je n’ai rien à vous cacher puisque nous partirons en mission dès le lever du soleil.

– Est-ce qu’on est passé là par hasard ?

– Non. Nous connaissions l’emplacement des débris et de la grotte même, si elle n’est pas répertoriée.

– Pourquoi avoir fait semblant de rien ?

– Pour éviter que les scientifiques ne préviennent la Terre à l’avance. Pas encore de quoi faire paniquer la planète entière à propos d’extraterrestres éventuels…

– D’extraterrestres ?

Était-elle sérieuse ? Samir commençait à se demander si elle ne se payait pas tout simplement sa tête.

Elle désigna la carte au mur d’un mouvement de tête.

– Ce n’est pas la première carcasse qu’on retrouve, Samir. Désossée ou recomposée. Seuls des êtres intelligents peuvent faire ça, et aucune mission n’a eu pour objectif d’effectuer ces opérations.

– Et si des scientifiques l’avaient fait en cachette ?

– Il y a des soudures, des pièces boulonnées, des branchements… des assemblages ou des démontages qui prennent plusieurs heures. En plus, les débris retrouvés sont trop éloignés les uns des autres pour que cela ait pu être fait avec une seule charge de batterie. Le labyrinthe est à mille bornes d’ici !

Le cœur de Samir battait de plus en plus fort. Lui qui avait toujours veillé à se tenir écarté des affaires militaires nageait maintenant en plein dedans.

– Demain, dit Kepler, on ira explorer cette grotte avec l’équipe scientifique. Vous ne direz rien à personne. Maintenant débarrassez le plancher, Samir.

Il hocha la tête en guise de réponse.

– Une dernière chose…

– Oui ?

– Pourquoi m’avoir fait confiance et raconté tout ça ?

Elle haussa les sourcils.

– Avoir une personne autre que moi au courant, ça n’est pas plus mal. Nous serons deux à être sur nos gardes.

Elle souleva une feuille de papier de son bureau.

– Et puis, j’ai vos résultats d’entraînement. Vous tirez vachement bien. Maintenant dégagez et allez vous reposer. On n’a aucune idée de ce qu’on trouvera là-dedans.

Les LED des casques dessinaient des disques flous sur les parois noires de la grotte. L’équipe était revenue avec du matériel pour assurer une descente sécurisée depuis l’entrée en entonnoir. Le sol ne se dérobait pas si fort que ça, mais il fallait à tout prix éviter la moindre chute qui aurait pu endommager les combinaisons des scientifiques et des militaires.

La tension était palpable, aussi bien pour Samir, qui savait ce qu’il faisait là, que pour ceux qui l’ignoraient totalement.

Samir observa les parois noires, tranchantes de la grotte. Il se retourna ensuite et vit la blancheur de la brèche d’entrée, dans leur dos. Son intuition lui disait de partir…

Après avoir marché sur quelques dizaines de mètres, ou davantage, des bruits forts jaillirent des couloirs de la grotte. On aurait dit des scies électriques en action, couplées à des bruits de pioche sur la roche. Il y eut un silence… puis de nouveau les mêmes bruits puissants.

– Qu’est-ce qui se passe ? s’interrogea Ulysse dans le casque. Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

Samir déglutit, doigt sur la gâchette.

Ils avancèrent encore…

– Attention ! cria quelqu’un.

Ils levèrent les yeux et virent, trop tard, que d’énormes pierres aiguisées qui s’étaient décrochées leur tombaient dessus.

Les roches chutèrent avec fracas, provoquant des cris de peur et de douleur. Certaines étaient aussi grandes que les humains.

Quand le bruit et les vibrations s’arrêtèrent, Samir, sur le sol, se redressa. Une pierre lui était tombée sur la jambe sans déchirer sa combinaison. Ils s’en sortirait avec un énorme bleu. Il balaya son environnement du regard et vit le cône de lumière de son casque apparaître dans la poussière soulevée par l’éboulement. Des gémissements lui parvenaient dans le micro.

Il avança et tomba sur deux soldats, morts, transpercés de part en part par des pointes de pierres maintenant enfoncées dans le sol. L’horreur…

Devant lui, Kepler se releva en grognant, de petits cailloux chutant de ses épaules. Deux autres scientifiques suivirent le mouvement, dont Ulysse. Les gémissements continuaient dans le casque. C’était Ariane, qu’ils retrouvèrent une jambe complètement écrasée sous les rochers. Elle perdait tout son sang… Le regard rempli de panique qu’elle jetait aux autres finit par s’éteindre derrière sa visière.

Il y avait quatre survivants : Ulysse, Kepler, la physicienne dont Samir ne connaissait pas le nom, et Samir lui-même.

– Dans quelle merde vous nous avez fourré, hein ? demanda Ulysse.

– Fermez-la, bordel, répondit Kepler.

– Que je la ferme ? Mais ils sont morts, bon sang ! Morts !

Samir regardait partout autour de lui, persuadé de voir apparaître des êtres inconnus à la moindre seconde.

– Chut… écoutez ! dit la physicienne.

Un petit bruit provenait du fond de la grotte… ainsi qu’un peu de lumière.

– Aux abris ! ordonna Kepler.

Ils se planquèrent derrière des rochers, Kepler et sa supérieure pointant leur arme vers le fond de la grotte.

La lumière continua à se propager, de plus en plus forte.

Les mains de Samir tremblèrent. Ce n’était pas le moment de perdre son sang froid. Dans son dos, Ulysse tremblait, lui aussi.

C’est un petit robot quadrupède qui apparut au fond de la grotte, éclairant les parois de sa petite lampe frontale. Les quatre patrouilleurs soufflèrent dans le micro.

– Putain… dit Kepler.

Ils se mirent à découvert et s’approchèrent de l’appareil.

– Il a dû entrer dans la grotte de lui-même, dit Ulysse. Ceux-là sont pourvus d’IA.

Kepler dit :

– Peut-être l’a-t-on envoyé ici pour examiner les débris de dehors. Elle se pencha. L’appareil ne devait pas faire plus de quarante centimètres de haut.

– Il a le matricule d’un des robots qui ont disparu. Je vais me brancher à son disque dur pour récolter ce qu’il a pu analyser.

– Un des robots qui ont disparu ? répéta Ulysse. On a des robots qui ont disparu ?

– Soit des robots entiers, soit des pièces détachées, comme dehors, dit Samir.

La lampe frontale du robot se tourna droit vers Kepler, qui était en train d’ouvrir les caches pour brancher un câble à sa combinaison.

– Peut-être que vous ne devriez pas…

L’appareil eut un petit mouvement de recul. Il déploya en vitesse une fine pointe métallique qu’il projeta sur la militaire, perçant sa combinaison. Dans un bruit d’étincelles immonde, il l’électrocuta plusieurs secondes. Kepler hurla, tous ses muscles forcés à se contracter.

Samir tira sur le robot à trois reprises pour parvenir à le mettre hors d’état de nuire. Libérée, la militaire tomba en arrière sur le sol, un filet de sang au coin de la bouche.

– Qu’est-ce que c’est que ça, maintenant ? cria Ulysse.

Samir souleva le corps de sa supérieure, capta son regard.

– On va vous ramener, lui dit-il.

– Je n’ai plus assez d’oxygène.

– On va se débrouiller si je colmate la fuite de votre combinaison. J’ai ce qu’il faut. Le trou est tout petit.

– Barrez-vous, Samir.

Ulysse avait retourné la carcasse du robot pour l’identifier. Sur le moniteur qu’il portait au bras, il releva des informations.

– Ce modèle, dit-il, il ne devrait pas être là…

Des bruits de moteurs surgirent du fond de la grotte et l’interrompirent. Ulysse ramassa l’arme de Kepler et la pointa vers le fond de la grotte.

– Qu’est-ce qui se passe, Ulysse ? demanda Samir.

– C’est bien un robot intelligent. Il est programmé pour se répliquer lui-même.

– Une machine autorépliquante ?

Une dizaine de robots débarquèrent du fond de la grotte, certains avançant sur pattes, d’autres sur roues. Plusieurs d’entre eux marchèrent sur les parois et le plafond pour les encercler. Samir en éclaira plusieurs avec la lampe de son casque. Il reconnut le boîtier central du petit robot à ses pieds, sur tous les appareils. Le reste était constitué de pièces volées, assemblées pour former de nouvelles machines… par les machines elles-mêmes. Il n’y avait pas d’extraterrestres sur Mars. Ces robots se répliquaient en volant des pièces aux autres, abandonnés sur la planète.

Samir serra fort son fusil. Face à lui, sur l’une des machines, un moteur actionna la rotation d’une pièce de métal déchiré qui tourna comme le disque d’une scie.

Dans un murmure, perceptible dans le micro, Kepler répéta :

– Barrez-vous, Samir.


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