Pourquoi j’adhère à la ligue des auteurs pro

Parce que toutes les alternatives méritent d’être représentées.

J’ai toujours observé les regroupements d’auteurs avec méfiance. En effet, les groupes d’auteurs édités en maison (ME dans la suite du texte) regardent souvent les autoédités du coin de l’oeil, tandis que les groupes d’autoédités ont le même comportement vis-à-vis de ceux qu’ils appellent dans un élan d’inspiration et d’esthétique les « gratuistes ».

Au-delà des a priori, le constat

Méfiance et a priori mis à part, force a bien été de constater que la Ligue des Auteurs Professionnels, en publiant son constat vis-à-vis de la situation des auteurs, a montré la volonté d’incorporer les indépendants en leur sein.

Je partage les grandes lignes de leur constat. Je ne suis pas à même de juger des éléments administratifs franco-français exposés. Pour le reste, les questions de droits d’auteur, du temps de travail, de la nature des contrats signés, du contrôle de la chaîne du livre me concernent, parce qu’elles concernent tous les acteurs du livre, au sens large, y compris ceux qui, comme moi ou à leur façon, mènent aujourd’hui au moins une partie de leur chemin de manière alternative.

Ce constat a une qualité : sa valeur pédagogique. Il ne faut que quelques minutes pour prendre connaissance d’une situation complexe. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous invite à le faire.

Du partage d’un constat à l’adhésion, franchir le pas

Comprendre une situation et partager un constat, c’est une chose. Adhérer à un collectif en est une autre. Si vous me lisez un petit peu sur ce blog ou sur les réseaux, vous savez que je ne suis pas friand de ces groupes où les uns s’attribuent la parole des autres. Alors pourquoi adhérer, dans ce cas-ci ?

Je soutiens la thèse selon laquelle l’autoédition est toujours un choix. Même face au refus d’une ME, prendre le chemin de l’autoédition plutôt que de tenter sa chance ailleurs est un choix. Le choix est d’autant plus tentant aujourd’hui qu’il est revendiqué par certains : on entend dire, parfois, que des auteurs prennent d’emblée le chemin de l’autoédition parce qu’ils ne sont pas d’accord avec les pratiques actuelles du milieu du livre, et qu’il s veulent faire les choses autrement. Je veux soutenir la démarche de ces gens. Je veux aussi soutenir ceux qui restent en ME mais qui voudraient acquérir un meilleur statut ou un meilleur traitement de leurs droits d’auteurs. Enfin, je voudrais que « ma » voie, celle du gratuit, du libre avec possibilité d’être financé par ailleurs, existe et soit reconnue comme une démarche potentiellement professionnelle. Je publie des livres, point. Peu importe leur prix.

Ceci est un chemin. Un chemin certes expérimental, certes absolument pas rentable pour moi à l’heure où j’écris ces lignes, mais je continue à y croire. Je continue à croire à ma petite communauté naissante comme je crois moi-même au professionnalisme d’autres artistes indépendants.

J’adhère à la Ligue pour montrer que nous existons, et que qu’il y a plusieurs façons de dire « non » à un monde de l’édition aux rapports de force très asymétriques. Je ne dis pas que je ne serai jamais édité en ME, loin de là. Mais je le ferai en connaissance de cause et pour des textes qui satisfont les critères habituels de ce monde. En attendant, j’expérimente, je m’amuse, et je produis des éléments sous des conditions inimaginables autrement qu’en autoédition : libres et gratuits.

Parce que revendiquer l’existence de ma voie comme une alternative est important, parce qu’en ME comme ailleurs les auteurs ont le droit d’être traités avec respect et dans le respect de leurs œuvres, parce qu’informer les auteurs de ces droits avec pédagogie et efficacité est une nécessité, j’adhère aujourd’hui à la Ligue des Auteurs Professionnels. Et vous ?

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