Autoédition : la quête d’une définition de l’indépendance continue

Ma quête d’une définition de l’indépendance en tant qu’auteur a déjà fait l’objet de plusieurs articles (il y a celui-ci et celui-là). Il me semble en effet difficile de parler d’indépendance sans en avoir une définition claire, et souvent, les (petits) conflits qui opposent certains auteurs à ce propos reposent sur le fait qu’ils ne disposent précisément pas d’une définition commune.

Cet article fait suite aux précédents, en argumentant sur les oppositions qui me sont parfois faites sur le sujet.

Ma définition

À la fin de mon dernier article sur le sujet, j’en étais arrivé à la définition suivante :

Un auteur indépendant est un auteur qui cherche à effectuer lui-même un certain nombre de tâches réservées aux métiers de l’édition dans le circuit traditionnel, de façon à réduire le nombre d’intermédiaires entre son public et lui. Il tient ainsi à conserver un important degré de contrôle des différentes phases de création et de diffusion de son œuvre, et s’attache à utiliser des outils susceptibles d’entraver cette création le moins possible.

Avantages

Cette définition n’engage que moi, naturellement. Je lui trouve tout de même plusieurs qualités :

  • elle laisse le libre choix de son degré d’indépendance : le statut d’auteur indépendant est quelque chose qui se cherche, et c’est cette recherche qui compte ;
  • elle rend possible l’idée d’une progression pour atteindre un état que chacun jugera satisfaisant à son échelle et selon ses propres critères ;
  • elle ne fait pas la sacro-sainte distinction, bien inutile, entre auteurs d’œuvres gratuites et auteurs d’œuvres payantes.

Reproches

Le fait de travailler seul étant à la fois un force et une faiblesse pour l’auteur autoédité, il est relativement courant que des tentatives de rassemblement, plus ou moins réussies, aient lieu de façon à faire valoir des intérêts communs. C’est l’objet (honorable !) des groupes, ligues et autre guildes d’indés.

Qu’on y adhère ou pas, ces regroupements sont une occasion quasi unique de confronter les points de vue, de tenter de mettre des mots sur les modes de fonctionnement de chacun. Le croisement des points de vue est toujours une bonne chose. C’est à ce genre d’occasion que j’ai pu réaliser que ma définition ne plaisait pas à tout le monde.

Je passerai outre les arguments des auteurs d’œuvres payantes qui refusent mordicus de considérer comme de véritables auteurs ceux qui choisissent de publier leurs livres gratuitement. Cela pourrait faire l’objet d’un prochain article. Je parlerai plutôt de l’argument qui consiste à reprocher à l’indépendance d’être inatteignable.

Prenons par exemple le premier paragraphe du commentaire laissé par Jeanne sur mon premier article (oui, j’y reviens 9 mois plus tard, mais cela vaut la peine, car la pensée de beaucoup de monde est ici traduite, à mon avis) :

Pour le coup, je trouve que tu te fourvoies. Il est totalement vain à mon avis de chercher l’indépendance absolue, et j’ajouterais même que ce n’est pas du tout souhaitable…

Je suis d’accord avec l’illusion de l’indépendance totale (je n’irai par contre pas jusqu’à dire qu’une indépendance totale n’est pas souhaitable). Mais reprocher sa recherche sous prétexte qu’elle n’existe pas serait comme reprocher à un cuisinier spécialiste du « fait maison » de ne pas avoir fait pousser le blé de la farine de ses lasagnes lui-même. On peut toujours faire plus. Ce qui compte, c’est de prendre le contrôle sur suffisamment d’étapes que pour se sentir bien, se sentir autonome.

Je vous parlerai d’autonomie dans un prochain article. En attendant, portez-vous bien. N’oubliez pas faire un tour du côté des Horizons parallèles si le cœur vous en dit, et n’hésitez surtout pas à donner votre définition de l’indépendance en commentaire.

 

 

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2 réponses sur “Autoédition : la quête d’une définition de l’indépendance continue”

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