Auto-édition, à l’ombre des branches fatiguées

L’année 2017 a, de mon mon point de vue, été plutôt prolifique. J’ai publié plusieurs nouvelles, beaucoup d’articles de blog, suis passé en CC BY-SA, ai modestement contribué au financement d’acteurs du libre/indé, et me suis moi-même inscrit sur les plateformes de financement Tipeee et Liberapay. De grands pas en avant dans la construction d’une entité reconnaissable, ou du moins identifiable, sur le net.

Depuis novembre 2017 cependant, et sans que je ne m’en rende tout de suite compte, je n’ai plus rien publié. Pas de nouvelles, pas d’articles. Pas de tweets, ou si peu. Cinq mois d’absence quasi totale. Le « pire », c’est de se rendre compte que si c’est long quand on compte, ça ne l’était pas forcément à vivre.

Bilan d’un hiver silencieux.

Il n’existe pas une unique manière de devenir indépendant. Mais dans les raisons qu’il donne au succès, Neil évoque l’importance suprême de la communication. Un livre, c’est comme une guerre. Si on n’en parle pas, ça n’existe pas. Pour être lu, il faut communiquer énormément. Bloguer, être présent sur les réseaux sociaux, les alimenter, réagir aux publications des autres, lire d’autres auteurs indépendants aussi… Et tout cela demande du temps, beaucoup de temps.

Un livre, c’est comme une guerre. Si on n’en parle pas, ça n’existe pas.

Il y a cinq mois, je suis donc tombé dans l’excès ultime de l’auteur indé : j’ai réalisé que je passais davantage de temps à gérer ma com qu’à écrire. Et j’ai eu besoin d’une pause.

De la recherche et un mémoire ont suffi à la fois à me tenir à l’écart des réseaux et à me rassasier en écriture, et je n’ai eu à fournir aucun effort pour en arriver là, ni même à y penser. La pause s’est invitée d’elle même et a marqué mon petit monde numérique de son empreinte.

Il y a quelques jours, de retour timide sur les réseaux sociaux, je suis tombé sur l’article de Bouffanges et m’en suis senti bouleversé, comme d’autres.

Voir un auteur arrêter pour des raisons voisines à celles qui m’ont tenu à l’écart du clavier pendant des mois a quelque chose de troublant. Mais ça aide aussi à se poser les bonnes questions.

Je n’ai pas eu envie d’arrêter. J’ai eu envie de continuer. Parce que même si j’ai eu besoin d’une pause, l’écriture fait partie de moi, et l’envie de partager avec vous mes petites histoires reste ancrée quelque part.

Il faudra sans doute être patients… Le temps pour moi de retrouver des idées, d’essayer de ne pas me limiter à un format, de ne pas entraver mon écriture de ce qui pourrait la parasiter… mais des coffee stories, il y en aura d’autres.

Le tout est de trouver l’équilbre. Mais n’est-ce pas là ce que nous cherchons tous ?

Une chose est sûre : je n’ai pas fini de vous faire lire;)

 

5 réponses sur “Auto-édition, à l’ombre des branches fatiguées”

  1. Je traverse souvent ce genre de passages à vide, découragé par les exigences de la promotion, du marketing. Je suppose que c’est normal. Mais tu as raison, ce n’est pas une raison pour arrêter d’écrire, alors : haut les coeurs !

    Une pensée pour toi, et tous mes encouragements, pour ce que ça vaut.

  2. Bon retour! 🙂 Je pense que cette nécessité de communiquer au sujet de ses écrits est unique à la diffusion gratuite. C’est d’ailleurs l’une des raisons principales qui m’ont poussée vers la vente : je déteste absolument la comm’ et la promo, et vendre mes livres me permet de vivre dans ma grotte, de déléguer entièrement ce sale boulot aux revendeurs. Paradoxalement, faire le choix du gratuit impose à l’auteur-e d’adopter une attitude de marchand… qui, pour ma part, me rebute. En passant par la vente, je peux au contraire lâcher mes livres dans la nature et ne plus jamais m’en soucier… Ils se vendent tout seuls, sans aucune aide de ma part (ou pas, mais la promo ne peut pas grand-chose non plus pour un livre qui ne se vend pas).

    J’admire les auteur-e-s qui font le choix du gratuit par conviction, mais j’avoue que ça a l’air hyper-épuisant, mentalement parlant.

    1. Merci.
      Je ne suis pas sûr d’être d’accord avec toi… ce serait comme dire que seuls les gens qui n’ont rien à vendre ont besoin de publicité. Mais c’est un avis intéressant.

  3. Idem en cette année 2018 pour moi. Et pourtant j’écris! Mais je ne publie rien et ne communique donc pas dessus…

    Peut-être plus tard. Quand l’expérience aura pris fin ~

    Je te rejoins sur l’épuisant travail de com… avec souvent l’impression de ne rien faire d’autre…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *